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agirpoursalon

Pseudo: David YTIERCatégorie: PolitiqueDescription:
Enfin une tribune où l'on peut s'exprimer librement et simplement. Je souhaite me servir de ce blog pour exprimer mes idées sur la vie salonaise, notamment dans la perspective des futures élections municipales de mars 2008 !
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Texte libre

Mon interview pour le Régional TV

 

 


(Je suis tès heureux d'avoir eu à enlever la photo d'Ingrid BETANCOURT que j'avais placé ici pour lui rendre hommage et rappeler sa détention. Mais il ne faut pas oublier les autres otages des FARC, mais également un autre français privé de liberté : le soldat franco-israélien Gilad SHALIT)

Lundi 22 Octobre 2007

Si des professeurs ont refusé de commémorer la mémoire de notre pays, ils ont sans doute eu tort. Et sur ce point, je n'ai qu'une remarque à faire. Comment se fait-il que certains acceptent de rester à la maison, un 8 mai ou un 11 novembre, jours chômés de commémoration, et refusent de commémorer et d'expliquer à leurs élèves que le don de soi et la défense de la démocratie ont permis à la France d'être libre en 1945 ?

Si le texte de Guy Môquet a pu posé problème, le ministre de l'Éducation Nationale a pourtant publié une liste de textes dont la lecture était possible. J'ai choisi de publier ici la lette de Guy Môquet. Cette lettre, il l'a écrite avant d'être fusillé, par les allemands, avec 26 autres prisonniers.

 

"Ma petite maman chérie, 

mon tout petit frère adoré, 

mon petit papa aimé,

 

Je vais mourir ! Ce que je vous demande, toi, en particulier ma petite maman, c'est d'être courageuse. Je le suis et je veux l'être autant que ceux qui sont passés avant moi. Certes, j'aurais voulu vivre. Mais ce que je souhaite de tout mon cœur, c'est que ma mort serve à quelque chose. Je n'ai pas eu le temps d'embrasser Jean. J'ai embrassé mes deux frères Roger et Rino. Quant au véritable je ne peux le faire hélas ! J'espère que toutes mes affaires te seront renvoyées elles pourront servir à Serge, qui je l'escompte sera fier de les porter un jour. A toi petit papa, si je t'ai fait ainsi qu'à ma petite maman, bien des peines, je te salue une dernière fois. Sache que j'ai fait de mon mieux pour suivre la voie que tu m'as tracée.
 

Un dernier adieu à tous mes amis, à mon frère que j'aime beaucoup. Qu'il étudie bien pour être plus tard un homme.

17 ans et demi, ma vie a été courte, je n'ai aucun regret, si ce n'est de vous quitter tous.

Je vais mourir avec Tintin, Michels. Maman, ce que je te demande, ce que je veux que tu me promettes, c'est d'être courageuse et de surmonter ta peine.
 

Je ne peux en mettre davantage. Je vous quitte tous, toutes, toi maman, Serge, papa, en vous embrassant de tout mon cœur d'enfant.

Courage !
 

Votre Guy qui vous aime.

Guy
 

Dernières pensées : Vous tous qui restez, soyez dignes de nous, les 27 qui allons mourir !"

publié par David YTIER dans: Histoire
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Commentaire

Malheureusement certains ont cru bon d'en faire une affaire politique. Si Jack Lang avait eu cette idèe, tout le monde aurait applaudi et il n'y aurait pas eu de polèmique. C'est bien triste tout ça.
Commentaire n° 1 posté par: paul le 23/10/2007 - 07:06:25
Le PCF à repris ce theme dans ces affiches, j'y reviendrai ce soir sur mon blog.
Commentaire n° 2 posté par: Alexandre(site web) le 23/10/2007 - 12:41:23

Le plus grave dans le fait que certains profs ont refusé de lire cette lettre c'est que c'est une décision purement politique...."il faut à tout prix s'opposé à ce président qui nous impose des directives jusque dans nos salles de classe!", c'est n'importe quoi!


De plus, je pense que l'histoire peut faire avancer la politique et que l'on n'en parle jamais assez, il est SI important de rendre hommage aux résistants et aux autres, qui ont connus et soufferts de cette guerre! Et tout aussi important de défendre les valeurs de ceux qui se sont battus.


"On fait déjà suffisament d'éducation civique en classe pour nous imposer encore des lectures de textes sur des sujets déjà tant de fois abordés...les débats sont bien assez nombreux et présents en cours! Si vous vouliez vraiment lire cette lettre vous n'aviez pas besoin de moi!Et vous l'auriez déjà fait". Quel exemple de citoyenneté et de reconnaissance envers des jeunes comme vous et moi qui ont, soi dit en passant, donné leur vie pour qu'aujourd'hui on parle français! 


Vive l'éducation!!!

Commentaire n° 3 posté par: charlotte le 23/10/2007 - 18:28:29

Merci à tous les 3 d'avoir témoigné. Je voudrai remercier tous ceux qui participent régulièrement au débat sur ce blog, et qui permettent de le faire vivre.

Concernant le sujet, je n'ai rien à rajouté si ce n'est que les profs refusant de lire la lettre ont été très minoritaires (voir statistiques de chaque académie...).

réponse de: David YTIER (site web) le 23/10/2007 - 22:50:54

Cela dépend, les choses sont en fait plus compliquées que cela. Certains professeurs ont probablement refusé de lire la lettre par anti-sarkozysme. Mais d'autres, très nombreux, avons refusé d'obéir à cette consigne pour des motifs autrement importants. les mêmes que ceux invoqués par Mme Simone Veil, ancienne déportée, ex-pdte du parlement européen et qui soutient le président.


Personnellement, et comme de nombreux enseignants "de droite", je n'ai pas lu la lettre, j'ai refusé. Les raisons? Voici un résumé, mais cela mériterait un ldéveloppement bien plus important:


1-Il n'est pas sain d'assigner des lectures obligatoires à l'école d'une manière aussi rigide, la gauche communiste et l'extrême droite l'ont beaucoup fait par le passé, dans d'autres pays et même en France, confondant volontairement endoctrinement idéologique et enseignement. Je sais d'ailleurs que la mémoire de la Résistance se fera autrement l'an prochain, car le gouvernement a su tirer les leçons de son échec.


2-Il n'y avait pas de mauvaise intention dans cette consigne du président, j'en suis persuadé, mais le document était très mal choisi. J'aurais consenti à lire un document s'il avait été autre chose que l'expression de sentiments à l'état brut. C'est dangereux, l'école doit servir à autre chose: les sentiments, d'accord, mais accompagnés de raisonnement et de réflexion, singulièrement absents dans cette lettre.


3-Plus grave encore: il existe des doutes sérieux sur l'authenticité de cette lettre; des historiens pensent que c'est le secrétaire général du PCF qui l'aurait fait écrire à la fin de la guerre, afin d'effacer le souvenir du pacte germano-soviétique qui avait été suivi au doigt et à l'oeil par les communistes en France jusqu'en 1942, et afin de mettre sur un pide d'égalité communisme et gaullsime dans la défense de la France contre les nazis: or, nous savons que les communistes ont attendu la rupture du pacte germano-soviétique, suivant en cela les consignes de Staline, pour entrer en résistance de manière définitive.


4-Môquet et bon nombre de ses amis n'avaient donc pas été arrêtés pour actes de résistance, mais parce qu'ils participaient (ou en avaient l'intention) à des actions de sabotage, sur ordre du PC, contre "les capitalistes et la guerre". Les traîtres collaborateurs et les allemands ont voulu, après seulement, faire un exemple, lorsqu'un front uni de la résistance s'était constitué, communistes compris.


Je conclus: il existe des lettres magnifiques de jeunes résistants, avant de mourir, pleines de sentiments et d'héroïsme, mais d'une authenticité unanimement reconnue. Elles expriment en outre un patriotisme sincère, ponctuées d'un "Vive la France" qu'on ne trouve pas dans la lettre de Guy Môquet. Ces lettres sont un véritable chant à la liberté et à la France.


Je passe sur certaines analyses de texte faites par des psychiatres, qui caractérisent la lettre, dans sa structure et sa formulation, comme étant très proche de ce qu'écrivent de nombreux adolescents tentés par le suicide. Je n'ai pas voulu prendre un tel risque, nous n'en avons pas le droit alors que le suicide est la première cause de mortalité chez les jeunes Français. Il aurait fallu en tout état de cause contextualiser avec beaucoup de soin la lecture de la lettre, sans en avoir le temps dans le cadre  de ce qui n'était, pour le Président de la République, qu'un acte ponctuel hors de toute démarche pédagogique construite et cohérente.


Sarkozy n'est pas historien, et il ignorait sans doute certaines des informations que je viens d'exposer. Il doit tirer la leçon de ce qui s'est passé, et ne pas imposer des choix individuels douteux à 800.000 professeurs et à 15 millions d'élèves, sous prétexte qu'il à les larmes aux yeux à la lecture du texte.


OUI à la mémoire de la Résistance à l'école, mais de façon sérieuse et raisonnée, dans le respect de la liberté d'enseignement et dans une démarche de vérité historique. C'est le rôle de l'école: défendre les valeurs de liberté dans le respect de la vérité et sans s'exposer à un sentimentalisme excessif.

Commentaire n° 4 posté par: Casas Aragon A.(site web) le 05/11/2007 - 11:05:18
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