Si des professeurs ont refusé de commémorer la mémoire de notre pays, ils ont sans doute eu tort. Et sur ce point, je n'ai qu'une remarque à faire. Comment se fait-il que certains acceptent de rester à la maison, un 8 mai ou un 11 novembre, jours chômés de commémoration, et refusent de commémorer et d'expliquer à leurs élèves que le don de soi et la défense de la démocratie ont permis à la France d'être libre en 1945 ?
Si le texte de Guy Môquet a pu posé problème, le ministre de l'Éducation Nationale a pourtant publié une liste de textes dont la lecture était possible. J'ai choisi de publier ici la lette de Guy Môquet. Cette lettre, il l'a écrite avant d'être fusillé, par les allemands, avec 26 autres prisonniers.
"Ma petite maman chérie,
mon tout petit frère adoré,
mon petit papa aimé,
Je vais mourir ! Ce que je vous demande, toi, en particulier ma petite maman, c'est d'être courageuse. Je le suis et je veux l'être autant que ceux qui sont passés avant moi. Certes, j'aurais voulu vivre. Mais ce que je souhaite de tout mon cœur, c'est que ma mort serve à quelque chose. Je n'ai pas eu le temps d'embrasser Jean. J'ai embrassé mes deux frères Roger et Rino. Quant au véritable je ne peux le faire hélas ! J'espère que toutes mes affaires te seront renvoyées elles pourront servir à Serge, qui je l'escompte sera fier de les porter un jour. A toi petit papa, si je t'ai fait ainsi qu'à ma petite maman, bien des peines, je te salue une dernière fois. Sache que j'ai fait de mon mieux pour suivre la voie que tu m'as tracée.
Un dernier adieu à tous mes amis, à mon frère que j'aime beaucoup. Qu'il étudie bien pour être plus tard un homme.
17 ans et demi, ma vie a été courte, je n'ai aucun regret, si ce n'est de vous quitter tous.
Je vais mourir avec Tintin, Michels. Maman, ce que je te demande, ce que je veux que tu me promettes, c'est d'être courageuse et de surmonter ta peine.
Je ne peux en mettre davantage. Je vous quitte tous, toutes, toi maman, Serge, papa, en vous embrassant de tout mon cœur d'enfant.
Courage !
Votre Guy qui vous aime.
Dernières pensées : Vous tous qui restez, soyez dignes de nous, les 27 qui allons mourir !"

